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Sommaire
littérature
Joseph BERCHOUX
(1760 - 1839)
Avocat
Français. Son nom reste attaché à un
long poéme en quatre chants intitulé :"
Gastronomie ou l'homme des champs à table, publié
en 1801 (première apparition du mot Gastronomie dans la
langue française). Il est également l'auteur de :
* La Danse, ou Les
Dieux de l'Opéra (1806 et 1808)
* Voltaire, ou le Triomphe de la philosophie moderne (1814)
* La Liberté, poème en quatre chants, par
un petit neveu de Scarron (1833).
Citations
:
"Un poéme jamais ne valut un dîner"
"Rien ne doit déranger l'honnête homme
qui dîne"
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LE
GIGOT
J'aime
mieux un tendre gigot
Qui
sans pompe et sans étalage
Se
montre avec un entourage
De
laitue ou de haricot.
Gigot
recevez mon hommage ;
Souvent
j'ai dédaigné pour vous
Chez
la baronne ou la marquise
La poularde la plus exquise,
Et
même la perdrix au choux.
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| Ma
profession de foi en cuisine
(épître
à ma cousine)
Enfin, mon aimable cousine, J'ai rencontré cette Isabeau,
Cette virtuose en cuisine, Son talent sans doute est fort
beau, Pour dédommager de sa mine, Que je n'ai pas vue aussi
fine, Que dans votre indulgent tableau, On m'assure que l'Isabelle,
Entend fort bien le fricandeau, Et le civet, & la rouelle,
Qu'elle sait faire à l'aloyau, Une sauce toute nouvelle, On
dit surtout que son talent, Eclate principalement Dans les
poulets en fricassées... Ce point arrête ma pensée. Hélas
! facile à prévenir, Sans en demander davantage, A mon sort
je viens de l'unir, Pour vingt & quatre écus de gage. Ainsi
je vais couler mon temps, A l'abri de ma cuisinière.
Monsieur
BERCHOUX, MERCURE DE FRANCE (publication royaliste) en 1800,
sur son "Isabeau" de cuisinière. |
| La
gastronomie
Homère
nous transmet des détails domestiques, Mêlés avec génie à
des faits héroïques: Ces robustes héros, ces guerriers valeureux
Dont nous savons par coeur les gestes merveilleux, Qui gouvernaient
la Grèce au gré de leurs caprices, N'auraient point estimé
nos coulis d'écrevisses. Qui ne sait aujourd'hui qu'ils descendaient
souvent Au soin de préparer un grossier aliment ? La table
de Patrocle et du fils de Pélée De plats multipliés n'était
pas accablée: Dans un jour d'appareil une biche, un mouton
Suffisaient au dîner des vainqueurs d'Ilion. Ulysse fut, dit-on,
régalé chez Eumée De deux cochons rôtis qui sentaient la fumée.
Pour donner un repas plus honnête et plus beau, Le fils de
Telamon fit bouillir un taureau... Le laitage, le miel et
les fruits de la terre Furent longtemps des Grecs l'aliment
ordinaire.
on
connut des repas moins grossiers; Et les Orientaux, plus savants
cuisiniers, Mélangèrent leurs mets d'une façon nouvelle, Des
premiers fricandeaux donnèrent le modèle, Employèrent le lard,
exprimèrent des jus, Inventèrent des mets jusqu'alors inconnus.
Les Perses cependant firent passer en Grèce Leur luxe, leur
cuisine et leur douce mollesse. Mais à Lacédémone un homme
vint à bout D'arrêter les élans et les progrès du goût. Un
vieux législateur, du sang des Héraclides, Osa donner un frein
aux estomacs avides, Régla les appétits, les soumit à la loi,
Et l'on ne put sans crime être à table chez soi. Il fallut
en public apporter son potage, Sa farine, son vin, ses figues,
son fromage, Son brouet... Ce brouet, alors très renommé,
Des citoyens de Sparte était fort estimé; Ils se faisaient
honneur de cette sauce étrange, De vinaigre et de sel détestable
mélange. On dit à ce sujet qu'un monarque gourmand De ce breuvage
noir qu'on lui dit excellent Voulut goûter un jour. Il lui
fut bien facile D'obtenir en ce genre un cuisinier habile.
Sa table en fut servie. Ô surprise ! Ô regret ! A peine le
breuvage eut touché son palais Qu'il rejeta bientôt la liqueur
étrangère. - On m'a trahi ! dit-il, transporté de colère.
- Seigneur, lui répondit le cuisinier tremblant, Il manque
à ce ragoût un assaisonnement. - Eh ! D'ou vient ! Avez-vous
négligé de l'y mettre ? - Il y manque, Seigneur, si vous voulez
permettre, Les préparations que vous n'emploierez pas, L'exercice
et surtout les bains de l'Eurotas
La
Gastronomie, début du XIXe, en pleine période révolutionnaire
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Quelques
citations de l'auteur
Françoise
Colin tire Joseph de Berchoux de l'oubli (Le bien public)
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