Éloge de la gourmandise
Patrick Avrane
Éditions de la Martinière
Auteurs :
L'auteur : Patrick Avrane, psychanalyste, a notamment publié : Un enfant chez le psychanalyste (Louis Audibert, 2003, Seuil " Points Essais ", 2007), Sherlock Holmes & Cie, détectives freudiens (Louis Audibert, 2005), Les Timides (Seuil, 2007).
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Synopsis et extraits :
Adorer le chocolat noir, détester les betteraves rouges, savourer les humeurs boisées d'un vin blanc, être enchanté par le fumet de la truffe ou de la coriandre, oser les plats exotiques ou se réjouir des cuisines ancestrales, n'est jamais innocent. Goûter les mets, partager les saveurs de ce que l'on mange, expliquer refus et préférences, permettent une rencontre avec soi-même et avec les autres.
Psychanalyste et écrivain, Patrick Avrane sonde ici la gourmandise. Il en dévoile la source, les ressorts et les limites. Souvenirs d'enfance, rêves, confidences de chefs ou de gastronomes montrent combien elle est indispensable à la construction de l'être. Dans un texte où le lecteur se délecte, où la gourmandise est présente à chaque page, l'auteur, puisant dans la littérature, la peinture, le cinéma, mais aussi la clinique, éclaire ce que les goûts révèlent des autres et de nous-mêmes.
Faisant l'éloge de la gourmandise, ce livre fait l'éloge
de la vie.
Extrait (introduction) :
Des péchés capitaux, ces défauts qui font
que l'homme se distingue de Dieu, la gourmandise est sans nul doute
le plus anodin. Cependant, elle peut être aussi comprise comme
le péché qui dévoile les autres. On peut imaginer
une typologie, c'est à dire deviner le pécheur à
partir de ses goûts.
Foie gras et saumon
sont désormais bien trop communs ; il reste le caviar, mais
somptueusement servi dans une coupelle de cristal posée sur
le lit de glace d'un plat d'argent, accompagné d'un carafon
de la meilleure vodka, pour contenter orgueilleux et orgueilleuses.
Il est bien connu que la banane, qui a l'avantage de pencher vers
la bouche quand on la tient, de ne pas être trop difficile
à mastiquer et de sustenter avec le moins d'effort possible,
est la gourmandise des paresseux. Les avares, et celui campé
par Molière l'illustre
fort bien, ne sont gourmands que de mets économiques, nourrissants
et quelque peu bourratifs : fèves et châtaignes hier,
pommes de terre et coquillettes aujourd'hui, font l'affaire. Au
coléreux, laissons la gourmandise des crustacés.
Il y trouve une nourriture avec laquelle se battre. A le voir batailler
avec la carapace et les pinces d'un homard
rougeoyant, nous devinons que son ire est satisfaite. De tout temps,
des recettes de mets aphrodisiaques ont été inventées.
Surprendre un convive qui se délecte de plats épicés
et d'huîtres permet de soupçonner
sa luxure ; n'oublions pas la truffe : en effet, selon Brillat-Savarin,
"la truffe n'est point un aphrodisiaque positif ; mais elle
peut, en certaines occasions, rendre les femmes plus tendres et
les hommes plus aimables". Quant à l'envieux, c'est
fort simple, il est gourmand de ce qui est dans l'assiette des autres
!
Notre avis :
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de la gourmandise : Ce que les goûts nous révèlent des autres et
de nous-mêmes
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