
Histoire Naturelle et Morale de la nourriture
De Maguelonne Toussaint-Samat
Éditions Larousse
Auteurs :
Maguelonne Toussaint-Samat est historienne, journaliste et écrivain. Elle a étudié le Moyen-Age et la Renaissance française et italienne. Elle s'est intéressée à l'histoire de l'économie mais aussi à la mode, à la culture et à la gastronomie, à laquelle elle a consacré de nombreux ouvrages.
Synopsis et extraits :
Le génie de la faim...
Depuis l'aube des âges, à poursuivre sa nourriture,
l'humanité a tracé les chemins de la connaissance
du monde. La faim a été le moteur de sa marche en
avant. Elle reste la source de toutes ses énergies, bonnes
ou mauvaises, le motif de ses progrès, l'origine de ses conflits,
l'alibi de sa conscience, la monnaie de sa peine...
Autour de l'aliment se sont construites des civilisations, se sont
perpétrés des crimes, affrontés des empires,
élaborées des lois, échangés les savoirs.
Tout le reste n'est que littérature...
Cueillette, chasse, sel, céréales, élevage,
vin, épices, sucre, pommes de terre ou protéines...
sont autant d'ordres de route qui ont bouleversé le monde,
d'étape en étape...
Des Européens aux Esquimaux, des Chinois aux Mexicains,
l'Histoire naturelle et morale de la nourriture vous convie
à un parcours culinaire des civilisations.
Cet ouvrage riche et savoureux est conçu selon une double
approche :
* une histoire naturelle, celle des aliments, de leur origine ou
de leur découverte et de leur mode de consommation.
* une histoire morale, qui révèle les liens entre
les habitudes alimentaires et les moeurs, entre les rituels sociaux
ou religieux et la symbolique des aliments.
Extrait (Céréales stratégiques) :
Dès que le commerce en exista, les céréales
et à fortiori le blé furent des denrées
spéculatives. Une des premières manières de
faire fortune est de constituer des stocks de grains achetés
bon marché en temps d'abondance et que l'on délivrera,
lors des pénuries, pour un prix bien plus élevé.
On peut même contrôler les pénuries, les provoquer
en ayant, justement, fait main basse sur les productions le plus
sournoisement possible...
Les céréales sont un extraordinaire moyen de pression
sur le pouvoir, non pas de la part de celui qui les cultive, pauvre
bougre, mais de celui qui en dispose. Aussi, au fil des siècles
depuis le roi Hammourabi, les gouvernants s'employèrent autant
qu'ils purent à réglementer d'abord le marché
interne, sachant bien que la surabondance intempestive des récoltes
ne peut augmenter la consommation, au-delà d'un certain seuil
et au grand dam des producteurs. "Tout crève ici de
blé et je n'ai pas un sol [...]. J'ai 200 000 boisseaux à
vendre, je crie famine sur un tas de blé", se lamentera
Mme de Sévigné.
Mais il faut d'abord prévoir cette faim qui fera sortir les
loups du bois, puisque "gouverner, c'est prévoir".
Le blocus de Venise par les Génois en 1372 ne put que tourner
court : les magasins de la Seigneurie débordaient de millet.
Le millet se conserve beaucoup mieux que le blé, durant vingt
ans parfois et, au XVIe siècle, la toujours avisée
Ville des lagunes qui en stockait à ne savoir qu'en faire,
croyait on, put intervenir au mieux de ses intêrets, dans
les présides de Dalmatie ou du Levant à chaque menace
de pénurie.
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Notre avis :
Ce livre est une véritable encyclopédie ! L'origine, l'histoire, la symbolique des aliments, tout y est et bien plus encore.
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