
Histoire des peurs alimentaires - Du Moyen-Age à l'aube du XXè siècle
Madeleine Ferrières
Éditions Points Histoire
Auteurs :
Madeleine Ferrières est professeur d’histoire moderne à l’université d’Avignon et chercheur rattaché à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aix-en-Provence.
Synopsis et extraits :
Au-delà de la peur de manquer,
de la famine, angoisse prégnante en Occident jusqu'à
une période encore récente, il y a la crainte de manger
du corrompu, du malsain, de l'immonde. Notre comportement contemporain
vis-à-vis de la nourriture a donc une longue histoire que
Madeleine Ferrières s'attache à reconstituer et analyser.
Des règlements médiévaux de boucherie, aux
perspectives géniales de Giovanni Lancisi, médecin
de la cour pontificale au début du XVIIIe siècle,
du conflit entre symbolique faste ou néfaste des aliments
et médecine et hygiénisme, mais aussi plus tard chimie
et science vétérinaire, de la peur des poisons, des
levures, des plantes ou légumes importés d'autres
horizons, de la suspicion à l'endroit du cuivre ou des conserves
à la mise en cause de l'air vicié des villes, l'Occident
invente, avec précaution et prévention, un ordre alimentaire
illustré de manière éloquente au début
du XXe siècle par le Pure Food and Drug Act américain.
Mais cette invention n'est pas allée sans une autre : celle
du consommateur rassasié et donc revendiquant une «
bonne bouffe », prudent, voire même savant ou se croyant
tel. Figure utopique de l'abondance et de la sécurité,
fille de l'illusion que quelque chose dans l'histoire soit acquis.
Miroir formidable de notre « Occidental Way of life »
que cette histoire des peurs alimentaires !
Cet ouvrage a reçu le Prix André SOUBIRAN du MEDEC 2003.
Extrait :
Jean Delumeau naguère a dressé un catalogue impressionnant
des peurs occidentales entre XIVè et XVIIIè siècle.
La peur de l'aliment nocif n'y figure pas. Toute la question est
de savoir si, dans ce magasin abondamment pourvu des peurs d'ancien
type, il est légitime d'ajouter un nouveau rayon.
L'actualité fin-de-siècle est un appel à la
réflexion, une invite et en même temps elle oppose
à la réflexion historienne deux puissantes objections.
La première peut se formuler ainsi : puisque la peur de la
pénurie est au coeur des comportements anciens, puisque le
risque alimentaire le plus grave s'appelle la disette ou, pis, la
famine, comment imaginer qu'il n'y ait eu une place pour une autre
peur alimentaire ? D'emblée, on est tenté de penser
que les peurs doivent s'exclure l'une l'autre. Est ce qu'il n'y
a pas la aussi comme une projection de notre propre vécu
? Depuis 1955, les français ne connaissent plus le danger
de sous-alimentation et de rationnement, et cette réalité
est si bien intégrée que la peur de manquer n'existe
plus dans nos sociétés "de consommation".
Par un phénomène quasi compensatoire, à la
peur de la pénurie s'est substituée celle de l'aliment
malsain. Dans notre société il n'y a place que pour
une peur alimentaire, de plus en plus envahissante. N'est ce pas
ce qui nous fait considérer qu'il devait en être de
même dans les temps passés ? Une peur, soit, mais pas
deux, tel serait le raisonnement courant...
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Notre avis :
Madeleine Ferrières décortique pour nous prés de 1000 ans de comportements alimentaires. Un voyage dans le temps qui balayera bon nombre d'idées reçues. Un ouvrage que vous n'êtes pas prés de lâcher !
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des peurs alimentaires : Du Moyen Age à l'aube du XXe siècle
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