Demain je fais maigre
16 février 2010 par Véronique Braun · 1 Commentaire
Avant d’être le jour des déguisements dans les écoles et celui où vous payez 40 euros pour vous assoir dans une tribune et voir défiler des chars en carton pâte, mardi gras était une fête religieuse catholique.
Marquant le début du carême, période de 40 jours de jeûne précédant Pâques, ce mardi-là est le mardi de la « grosse bouffe », mais pas seulement. Jour de liesse et de carnaval, cette journée marque la jonction entre ce qui s’oppose et pourtant se côtoie, l’obscur hiver et la clarté printanière, le gras et le maigre, le démuni et le nanti, le Ying et le Yang. Oups, non, ça c’est une autre histoire. mais enfin, vous voyez l’idée.
Reste que, les pratiquants se faisant rares, Mardi Gras est surtout une affaire de mômes. Donc, à moins que vous n’ayez justement ce matin, déposé des enfants déguisés à l’école, il y a peu de chance que vous ayez pensé à Mardi Gras. Dommage. Parce que Mardi Gras, c’est aussi le jour des beignets. Et les beignets, il n’y a pas que les enfants pour les apprécier. Alors certes, pour être gras, c’est gras. Ca tâche les mains, c’est vrai. Et le clavier aussi, par ricochet. C’est bourratif. Si c’est fourré aux pommes, ça dégouline de compote à la première bouchée.
Pourtant, je ne sais pas vous mais, moi, lorsque la boulangère expose ses bugnes parfumées à la fleur d’oranger, lorsqu’une amie débarque avec un sachet d’oreillettes à l’heure du thé, une gourmandise joyeuse et décomplexée s’empare de mon cerveau reptilien, la tentation est irrésistible. Au diable mon clavier, je me laisse faire, sans regret. Un, puis deux, puis… je ne compte plus. Je laisse de doux souvenirs d’enfance s’inviter dans le moelleux des beignets au sucre, le rire de tante Yvonne qui ondule autour de la friteuse, les corsos fleuris qui défilent en musique, les confettis qui virevoltent. Allez, encore un petit beignet, juste un, demain, je fais maigre…



