Avec
seulement quelques nouilles servies à toues les sauces, en guise
de scénario, Juso Itami fait griller les notions de genre et
de bon goût . Western-spaghetti, thriller, parodie érotico-culinaire
burlesque et philosophique, " Tampopo" est d'une saveur inclassable.
Critique
d'un internaute :
To:
frcs-list@lists.freenix.org Subject: [CRITIQUE] Tampopo : a
voir From: Galek
Tampopo est un film sur les plaisirs de la nourriture, qui mélange
habilement western, érotisme et nouille. Il raconte la lutte
d'une veuve, gérante d'un médiocre restaurant de nouille, pour
parvenir à la soupe aux nouilles parfaite et ainsi faire de
son restaurant le meilleur de Tokyo. Elle sera aidé dans sa
quête par une bande de joyeux mercenaires : Goro, une sorte
de Clint Eastwood aux yeux bridés, qui va lui faire prendre
confiance en elle et lui donner le courage de se lancer dans
cette aventure insensée, un vieux clochard, maître du bouillon,
un jeune domestique, spécialiste de la nouille proprement dite
et un méchant qui se revèlera gentil et qui aidera à la décoration
du restaurant. Cette histoire principale sert en fait prétexte
à une fine parodie, en effet le scénario totalement prévisible,
les personnages (ayant chacun leur spécialité) et la musique
ridicule pendant les scènes d'émotion ou de suspense nous rappelle
fortement une certaine forme de cinéma américain de plus en
plus en vogue de nos jour. L'autre intérêt du film est constitué
par les histoires secondaires, sorte de sketches ayant toujours
pour point commun les plaisirs du palais. Un couple qui centre
ses ébats amoureux autour de la nourriture : crevettes vivantes,
crème chantilly, huître, tout est bon pour pimenter les nuits
à l'hotel et même un jaune d'oeuf qu'ils se passent de bouche
en bouche dans un va-et-vient sensuel qui finit par l'explosion
du jaune dans la bouche de la femme tel un orgasme culinaire
métaphorique. Un maître-es nouilles qui enseigne à son disciple
les multiples étapes nécessaires à la dégustation d'une soupe
aux nouilles. Un grand père qui continue à manger ses plats
préférés bien qu'a chaque fois il manque de mourir en s'étouffant
au grand dam de sa fille. Un jeune employé qui lors d'un repas
d'affaire commande un repas gargantuesque sous le regard accusateur
de ses supérieurs qui ont tous pris une simple sole meunière
et une bière. Un groupe de clochards fins gourmets qui entretiennent
leur passion en piquant des restes dans les poubelles de grand
restaurant ou en s'introduisant dans les cuisines de ces derniers
la nuit pour y préparer des plats savoureux (en l'occurrence
une omelette au riz). Bref Tampopo est un film qui donne faim
et qui est quasiment aussi jouissif que de hurler "tampopo"
devant son écran en accentuant le "am".
Galek.