 |
Comédie franco italienne de Etorre Scola
- 1998
Avec Avec Vittorio Gassman, Marie Gillain, Paolo Merloni,
Fanny Ardant
Durée : 1h48
Sorti en salle le 16 février 2000 |
Synopsis :
Un soir, dans le restaurant tenu par Flora
et son vieux mari. A toutes les tables, il se passe quelque
chose de drôle ou d'émouvant. Le vieux professeur
Pezullo cherche à discuter avec ses voisins de table
; une bourgeoise découvre que sa fille veut devenir
nonne ; une femme fatale a réuni ses quatre soupirants
pour choisir le plus dévoué ; une jeune fille
rompt avec son prof de philo ; un père trop absent
doit endurer les reproches de ses deux enfants... En cuisine
aussi, il y a de l'animation, avec Maurizio, le serveur poète,
et Uliano, son collègue, qui courtise Flora. Cette
dernière hésite et se confie à sa soeur
Certes, on peut aisément deviner les intentions
d'Ettore Scola concernant ce Dîner : capter l'atmosphère d'un
restaurant pendant un repas, ce moment où les gens prennent
le temps, se relâchent et finissent par se laisser aller.
On peut alors éventuellement assister à quelque chose qui
tient de la révélation, le barrage cède, les carapaces se
fissurent et laissent filtrer un flux sentimental intime et
non maîtrisé. A ce moment, le portraitiste intervient pour
récupérer le matériau. Mais encore faut il avoir quelque chose
de particulier à transmettre au travers de ces personnages
(censés être un échantillon représentatif de la société italienne).
Or, le cinéaste semble exsangue.
De situations conventionnelles en conversations
de boulevard, le film ne sort jamais des sentiers battus et
rebattus dans les lieux les plus détestables du monde artistique.
Le Dîner accumule les clichés, propose des histoires aussi
abracadabrantes que banales, et manie un humour primaire à
l'ancienne (ah, les femmes !). Le sentiment est d'autant plus
désagréable que l'ensemble baigne dans une triste amertume
passéiste qui manque un peu de noblesse. Dommage, car lorsque
Scola ne se laisse pas lui-même aller à cette humeur saumâtre,
le film gagne en légèreté, devient presque visible. Mais dans
cette comédie plus bavarde que gastronomique, fatalement la
mise en scène n'a pas sa place. La caméra butine de table
en table en essayant de suivre les conversations sans parvenir
à masquer le caractère artificiel du procédé. Chaque conversation
semble attendre la présence de l'objectif pour exister. Et
même si une certaine élégance émane de ces images, elles n'en
sont pas pertinentes pour autant.
|