
Merci pour le chocolat
Comédie dramatique de Claude Chabrol
- 1999
Avec : Isabelle Huppert, Jacques Dutronc, Anna Mouglalis,
Rodolphe Pauly, Brigitte Catillon, Michel Robin, Mathieu
Simonet...
Durée : 1h39
Sorti en salle le 25 octobre 2000
Synopsis :
A Lausanne. André Polonski,
célèbre pianiste, et Marie-Claire - dite
Mika - Muller, P-DG des chocolats Muller, redeviennent
mari et femme après un premier mariage raté.
Entre-temps, le virtuose a épousé une
certaine Lisbeth, qui lui a donné un fils, Guillaume,
avant de se tuer dans un accident de voiture. Alors
qu'André et Mika entament leur seconde vie conjugale,
Jeanne Pollet, une jeune pianiste, apprend qu'à
sa naissance elle a failli être échangée
avec Guillaume. Curieuse, la jeune femme décide
de rendre une petite visite aux Polonski. Elle est accueillie
à bras ouverts. André lui propose même
de la faire travailler en vue du concours. Très
vite, Jeanne est intriguée par le comportement
de Mika...
Paysages magnifiques et âmes torturées:
tout est contraste dans «Merci pour le chocolat», le
nouveau film de Claude Chabrol. Malaise garanti Le Titre
est trompeur: si ce n'est une certaine amertume dans
le passé du personnage incarné par Isabelle Huppert,
le drame qui se joue dans Merci pour le chocolat n'a
que très peu à voir avec notre produit national ou avec
une quelconque suissitude. Après Au cour du mensonge
et surtout La Cérémonie, Claude Chabrol continue dans
ce nouveau film à gratter le vernis apparemment lisse
d'une bourgeoisie à qui tout réussit. Entre une tasse
de thé, ou de chocolat chaud, et les petits fours, les
craquelures apparaissent, grandissent, jusqu'à tout
déchirer. Mais on continue à se donner du «mon chéri»
ou du «ma chérie» à chaque parole, comme s'il était
encore question de chocolat. Jeanne (Anna Mouglais),
une jeune pianiste qui vient d'apprendre qu'elle aurait
pu être échangée à sa naissance avec un autre bébé,
va frapper à la porte de celui qui aurait pu être son
père, le pianiste virtuose André Polonski (Jacques Dutronc,
tout en tendresse). Celui-ci vient de se remarier avec
Mika Muller (Isabelle Huppert, étrange à souhait), cheffe
d'une entreprise de chocolat. Le couple vit avec le
fils d'André, Guillaume (Rodolphe Pauly), un garçon
taciturne, secret, qui semble lisse comme les lieux.
Lorsque André décide d'aider Jeanne à préparer un concours
de piano, elle vient s'installer chez le maître et sa
drôle de famille. Quand Mika passe tout sourire devant
les deux pianistes, qui répètent ensemble les Funérailles
de Liszt, le spectateur est comme plongé dans le mécanisme
luxueux et brillant d'une montre suisse qui se serait
grippé. Les images du chef-opérateur tessinois Renato
Berta en ont la douceur et la précision. Sans le vouloir,
Jeanne va faire resurgir un passé plus que trouble dont
la répétition semble inéluctable. Lentement, le malaise
s'épaissit comme le chocolat chaud que l'on boit ici
à toute heure. Merci pour le chocolat se déguste comme
un praliné, ou plutôt un «Mon chéri»: sous l'emballage
rose, les surprises peuvent être longues à digérer...
Ariane Gigon Bormann
Bande annonce :
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