Dans certaines recettes on farine les morceaux
de volaille. Dans cette démonstration, je raidis sans farine,
je ne singe pas et opére une légère liaison
au beurre manié. Plus de fluidité = meilleure alchimie
des saveurs !
Non!!! Pas la tête, je vous prie... Je sais
que l'on enseigne et qu'on lit aussi que les morceaux de volaille
sont raidis en étant farinés... et que l'on singe
le tout ensuite... Ce qui nous fait un ragôut... Ici ça
ressemble à un poché-sauté-lié... mais
je vous explique ce choix.
La farine colore vite, tache le beurre d'une myriade
de constellations de grains de farine carbonisées... Le choix
de raidir sans farine et de ne pas singer et somme toute hyper-personnelle
et tres subjective. Je raidis les morceaux qui sous l'effet de la
chaleur produisent des milliards de composés aromatiques.
Ces composés aromatiques seront ensuite mélés
aux échalotes ciselées gorgées de liquide et
ensuite dilués au vin blanc et au fond blanc de volaille.
Ma sauce est liquide, la liaison est insignifiante et le peu de
protéine pour le moment dans le liquide ne suffit pas à
donner cet aspect lié. Pendant la cuisson lente, les arômes
se combinent et la cuisson dans un liquide fluide favorise , je
pense , l'obtention d'une tendreté et d'une jutosité
sans égal.
Lorsque la cuisson est à son paroxysme,
débarrasser les morceaux de volaille et liez la sauce en
incorporant le beurre manié au fouet ,n sur le bord de la
casserole jusqu'à obtenir le degré de liaison que
vous estimerez être à votre goût.
Servir avec un riz créole ou des pates fraîches.
On écoute "Dies Irae" du Requiem
de Mozart (Wolfgang Amadéus pour les connaisseurs), ça
remet les choses en place et c'est assez grandiose...