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Ecrivain
et gastronome français, il nait le 20 novembre1758 à
Paris dans l'aristocratique famille des Grimod de La Reynière.
Sa mère est de très noble origine et son père
est issu d'une très riche lignée de fermiers généraux.
Il est rejeté par sa mère à cause d'une infirmité
de naissance qui lui laisse les mains complètement déformées
(les versions divergent sur l'origine de cette diformité
et dans certains textes il est dit que Grimod aurait eu les doigts
mangés par une truie alors qu'il était encore au
berceau).
Il est mis à l'écart de la famille. Son éducation
est d'abord confiée aux domestiques puis il sera envoyé
en pension.
Il obtient son diplome d'avocat et s'inscrit au barreau.
Dans leur hotel particulier des Champs Elysées, ses parents
organisent des concerts, réceptions et grands diners mais
on prend bien soin de tenir le "monstre" à l'écart
et pour se faire on l'oblige à voyager. De retour à
Paris, il se plait à ridiculiser les moeurs bourgeoises
en organisant un extravagant souper dans l'hotel particulier de
ses parents. A la place d'honneur, et revêtu des habits
de Mr de La Reynière, trône un énorme cochon
vivant. Les invités sont très amusés mais
les parents rentrent à l'improviste et le scandale éclate.
Sa famille obtient contre lui une lettre de cachet puis c'est
l'exil dans un couvent près de Nancy pendant plus de deux
ans. C'est d'ailleurs à la table du père abbé
que Grimod découvre l'art du bien manger (à l'époque
il n'avait encore rien du gastronome averti).
Pour vivre, il devient négociant à Lyon où
il ouvre un commerce d'épicerie, de droguerie et de parfumerie.
Mais en 1792, son père meurt et il rentre à Paris,
il renoue avec sa mère qu'il sauve de l'échafaud
et récupère le reste de l'héritage paternel
dont l'hotel des Champs-Elysées où il continue à
organiser des diners extravagants, comme celui, entre autres,
où il convie ses amis à ses pseudo funérailles.
Interdit de critique théatrale, il a l'idée de publier
un périodique comportant un itinéraire des cafés
restaurants et boutiques. Ce sera l'« Almanach des gourmands
», qui est un énorme succés.
Un nouveau genre littéraire est né : la critique
gastronomique.
En 1808 il publie le "Manuel des amphytrions"
pour enseigner l'art de recevoir.
Il créé également les "jurys dégustateurs".
Ce jury composé de plusieurs membres dont Cambacéres,
le marquis de Cussy et le médecin et gastronome Gastaldy,
se reunit à date fixe chez Grimod où l'on déguste
des mets de choix envoyés par des fournisseurs desireux
de se faire connaitre. Les jugements appelés aussi "légitimations"
sont ensuite publiés dans l'almanach. Mais, certains jugements
entraineront des protestations et on l'accusera même de
partialité interessée. Menacé de procés,
il suspend la publication de l'almanach.
Sa mère meurt et il hérite des restes d'une immense
fortune. Il épouse sur le tard une comédienne avec
qui il vivait depuis 20 ans et se retire à la campagne,
à Villiers-sur-Orge, dans l'ancien chateau de la marquise
de Brinvilliers(1), l'empoisonneuse qu'il réaménage
de façon très fantaisiste à grands renforts
de trappes et de portes secretes et où il continuera à
donner de mémorables diners.
Il meurt à 80 ans le soir du réveillon du 25 décembre
1837.
"L'almanach
des gourmands" (première année 1803) ainsi
que le "Manuel des amphytrions" ont été
réédités dans la collection de poche 10-18
sous le titre "Ecrits gastronomiques"
(1)
Marie Madeleine d'Aubray - marquise de Brinvilliers (1630 - 1676)
Elle fut brûlée en place de Grève pour avoir
empoisonné son père et ses frères pour s'emparer
de l'héritage familial. Son procès est à
l'origine de l'affaire des poisons.
"Manuel
des Amphytrions" (extrait)
d'Alexandre
Balthazar Laurent Grimod de la Reynière
(éditions
Métailié) Nous le savons tous, ce n'est pas d'hier que date l'excellence
française en matière culinaire. Un romancier imaginait récemment
que nos ancêtres des cavernes surent d'emblée améliorer l'ordinaire,
dès que le feu eut été inventé. En tout cas, c'est Grimod de La
Reynière le fondateur de la littérature gastronomique dans notre
pays, ainsi qu'en témoigne Le Manuel des Amphytrions, que réédite
Anne-Marie Métailié. Grimod était né à Paris en 1758, d'une famille
de fermiers généraux fort munificents. Handicapé par une malformation
de la main, il entretint d'épouvantables relations avec ses parents,
eux-mêmes grands dévoreurs devant l'Eternel, et dont la table
était jugée l'une des meilleures de Paris. Il s'affiche avec son
scandaleux ami Restif de La Bretonne, et publie son premier traité,
L'Almanach des gourmands, en 1803. Puis vient en 1808 Le Manuel
des Amphitryons, que François- Olivier Rousseau définit justement
comme "le Siècle des Lumières côté cuisine". Grimod y détaille
les différents services de tables, c'est-à-dire la succession
des plats conçue comme un spectacle; il y intègre des ingrédients
nouveaux :la pomme de terre, la tomate, les pâtes. Il présente
le cochon comme un sanglier civilisé, et nous rappelle que la
dinde est une poule venue d'Inde. Les meilleurs convives à ses
yeux? Les actrices de la Comédie Française.
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