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Sommaire littérature
Louis
LACOUR
(1832-1891)
La carte à payer d'une dragonnade normande en
1685. Récit avec pièces justificatives.- Paris :
Poulet-Malassis et de Broise, libraires éditeurs, 4 rue
de Buci, 1857.- 32 p. ; in-12 (18 cm.).
E.O. Tirage à 100 exemplaires sur vergé
fort. Imprimé à Alençon.
Saisie
du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Bibliothèque
Municipale de Lisieux (07.IV.2000)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Bibliothèque municipale, B.P. 27216, 14107 Lisieux
cedex
-Tél. : 02.31.48.66.50.- Minitel : 02.31.48.66.55. - Fax
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Diffusion
libre et gratuite (freeware)
Orthographe
et graphie conservées.
Texte
établi sur l'exemplaire de la bibliothèque municipale (BmLx
: br norm 565).
LA
CARTE A PAYER
D'UNE
DRAGONNADE NORMANDE
EN 1685
Récit
avec pièce justificatives
par
Louis
Lacour
~~~~
«Je
laisse à penser la vie
Que firent les deux amis».
LA FONTAINE.
Nous tirons d'un carton des archives de
l'Empire le dossier d'une réclamation adressée, avec pièces
justificatives, à l'un des secrétaires d'Etat de Louis XIV,
relativement à des frais de dragonnade non acquittés, et qui
tombaient, bien entendu, à la charge du dragonné. Le religionnaire
fugitif qui est en cause n'est autre que le gendre du célèbre
ministre Dubosc, celui-là même que le roi avait reconnu pour
«le plus beau parleur de son royaume», lorsqu'en 1668, il
était venu, à la tête d'une députation, réclamer contre la
suppression des chambres de l'Edit. Il s'agit donc d'une dragonnade
normande et il va être curieux de voir comment, dans cette
riche contrée, se nourrissaient les suppôts de l'intolérance
religieuse. Pour ne pas prolonger d'une manière fastidieuse
notre étalage culinaire, nous ne donnerons qu'une partie de
l'interminable note des déjeûners et des dîners de M. le provost
et de M. le lieutenant du régiment du roi, mais assez pour
qu'on se puisse faire une idée des ressources qu'offrait aux
gourmets, vers la fin du XVIIe siècle la capitale de la Basse-Normandie.
Vers
le milieu de l'automne de l'année 1685, les bourgeois et habitants
de la ville de Caen, professant la religion prétendue réformée,
furent convoqués en l'hôtel communal. On leur lut un formulaire
envoyé par M. de Morangis, intendant de l'officialité ; puis
on demanda leur adhésion, et ceux qui ne consentirent point
à la donner furent soigneusement notés. Peu de jours après,
le 13 novembre, entrait, par la rue de Paris, un régiment
du roi, au logement duquel les échevins avaient ordre de pourvoir.
Comme partout, «Sa Majesté trouvant cela bon», on adressa
le plus grand nombre des cavaliers et officiers à des protestants.
M. de Morangis n'aurait eu garde de se montrer rebelle à pareille
injonction ; il trouvait un certain plaisir à pouvoir, du
même coup, satisfaire des haines personnelles et se faire
bien voir de ses chefs ; aussi, cette fois encore, envoya-t-il
aux religionnaires un nombre au moins double des soldats qu'ils
pouvaient loger ; mais les plus maltraités furent ceux qui
n'avaient pas comparu à la dernière assemblée ou qui s'étaient
montrés «rétulants».
La
distribution des billets achevée, les soudards, guidés par quelques-uns
des habitants que le bruit de leur arrivée avait attirés sur
la place Saint-Pierre, se répandirent dans la ville, qui vers
Saint-Gilles, qui vers Saint-Julien. Si, d'un côté, de pauvres
ménages, déjà réduits par les épreuves du temps à un état voisin
de la misère, ne refusèrent pas à leurs visiteurs embrigadés
la place au feu et à la chandelle que la loi exigeait d'eux,
d'un autre côté, beaucoup de riches hôtels restèrent clos, malgré
les coups répétés des marteaux sur leurs portes armoriées, soit
que leurs habitants comptassent sur l'indulgence du pouvoir,
soit qu'ils se sentissent doués d'assez de courage pour subir
la peine de leur rébellion, soit qu'ils se fussent éloignés
abandonnant leur famille et sacrifiant tout à leurs convictions.
Au nombre de ceux-ci se trouvait un nommé Michel Néel, sieur
de la Bouillonnière, qui, «prévoyant que les chefs du régiment
lui estaient destinés, et sachant qu'il ne se pouvait exempter
d'une garnison», avait retiré la plupart de ses meubles, fermé
sa porte et passé en Angleterre.
Cinq
heures sonnaient à l'église Saint-Pierre, quand le provost et
le lieutenant du régiment du roi arrivèrent à la maison du fugitif.
Leur vacarme demeura sans réponse ; ils n'attendirent pas et
gagnèrent au galop, dans la petite rue des Teinturiers, encore
aujourd'hui existante, une auberge d'assez médiocre apparence,
où pendait en saillie une vieille enseigne avec cette inscription
: «A L'AIGLE D'OR, Catherine Drouart, loge à pied et à cheval».
Un
grand tapage et de cyniques chansons annonçaient dans les salles
basses une réunion de soldats. A l'entrée des officiers le silence
s'établit, et une grosse mère, vêtue de deuil, s'avança vers
eux pour prendre leurs ordres. Le parchemin qu'ils avaient reçu
de l'intendant exhibé, ils montèrent bruyamment à l'étage supérieur
en demandant du feu et un prompt repas. L'hôtesse fit signe
à un jeune garçon qui se trouvait près d'elle de suivre les
nouveaux venus, et, se retirant dans l'embrasure d'une fenêtre,
prit connaissance du billet. Il était ainsi conçu : «Le provost
et un lieutenant du régiment d'infanterie du roy logera chez
Monsieur de la Bouillonnière, rue et paroisse Saint-Pierre,
conformément aux ordres de sa Majesté. Fait en l'hôtel de
Caen, le 13 novembre 1685», et suivi de cette note : «En
cas que la maison ne soit ouverte, logeront à l'Aigle d'or,
aux frais dudit sieur de la Bouillonnière». A cette lecture,
le visage de la bonne femme s'épanouit. On eût dit qu'avec ces
deux hôtes la fortune venait d'entrer. Elle n'était point novice,
et connaissait à la Bouillonnière quatre ou cinq mille livres
de rentes. Or messieurs les officiers étant d'ordinaire peu
ménagers des denrées d'autrui, tout annonçait que bêtes et gens
se feraient traiter plantureusement, et que leur bombance serait
aussi profitable à sa bourse que préjudiciable à celle de leur
amphitryon forcé. Nous allons voir comment s'accomplirent ses
prévisions.
La vie du soldat est à peu près la même dans tous les temps.
Si la ville de Caen avait eu, en 1685, comme elle a le bonheur
d'en posséder aujourd'hui, de ces cafés luxueux, où l'épaulette
se livre au fart-niente de la garnison et jouit des délices
de la tabagie, nos officiers y eussent établi leur quartier
d'hiver ; mais, par bonheur pour la femme Drouart, les estaminets
n'étaient guère alors que de vilains bouges ; c'est donc dans
son auberge que devaient se dépenser les écus de la Bouillonnière
: c'est elle qui allait être chargée de remplir, au prix coûtant,
les dispendieux loisirs de ces chers garnisaires.
Un coup-d'oeil jeté sur leur carte à payer va nous montrer comment
s'en tira notre veuve rapace, et comment disparut le patrimoine
de l'émigré, le fonds s'en allant avec le revenu. En voici d'abord
un spécimen ; on trouvera ci-après de plus longs détails.
Souper
fait par M. Bourgongne, provost du régiment du roy, le mercredi,
5 décembre 1685.
Trois
pots de vin, 3 liv. 12 s. - Pain, 4 s. - 2 Poulets, 1 canard,
2 pigeons, 4 écailles, 2 bécassines, 1 douzaine d'alouettes,
5 liv. 10 s. - Sallade de cellery, 8 s. - 2 assiettes de marrons
et de pommes, 12 s. - 1 douzaine de noix confites, 12 s. - 1
douzaine de biscuits et macarons, 12 s. - 2 fagots et 12 verres
de cristal, 1 liv. 14 s.
M.
Chanlay, le lieutenant, ne se nourrit pas moins délicatement
que son provost ; ce sont tantôt des huîtres frites et non frites,
des beignets avec des pommes, une tourte d'un chapon, pots de
vin répétés, etc., etc. ; tantôt (un jour maigre), quatre merlans,
quatre barbues, deux plats d'oeufs, des cerises et verjus, etc.,
etc. Voici, d'ailleurs, une variété de mets propre à édifier
complètement nos lecteurs......., du moins sur les ressources
alimentaires d'une des bonnes villes de l'ouest de la France,
il y a deux siècles :
Gibier
: Plouviers, bécasses, sarcelles, alouettes, vignons, lapins
de garenne, etc. - Volailles : Dindes, poulardes, canards,
chapons, pigeons, etc. etc. - Poissons : Saumons, brochets,
soles, barbues, merlans, plies, raies, harengs, etc., etc. -
Coquillages : Crevettes, pouparts, moules, etc., etc.
- Salades de champignons, de concombres, de cellerys,
etc., etc. - Dessert : Noix confites, biscuits, macarons,
etc., etc.
Il
est à remarquer que nos raffinés ne goûtèrent à la boisson du
pays qu'à de rares intervalles, et que les fameuses «tripes
à la mode de Caen», ne les tentèrent pas une seule fois. Un
point intéressant de gastronomie, puisque nous en sommes sur
ce chapitre, serait de savoir comment on accommodait à maître
Chanlay ces deux poulardes, ce lapin, ces trois grosses bécasses
et ces vingt-quatre alouettes qu'il attaque à un repas. Etait-ce
dans le genre de ces pâtés que nous voyons figurer au chapelet
(service) fait le 16 juin 1455 pour monseigneur du Maine : «Pâtés
où gisaient, au sein d'une farce de graisse, girofle et veau
haché, un chevreau, un oison, trois chapons, six poulailles,
six pigeons et un lapereau» . Quoiqu'il en soit, constatons
toujours que notre lieutenant en arriva à dévorer la valeur
de quatre-vingt-cinq livres en trois jours. Voilà un dragon
qui entendait son métier.
On
ne se bornait pas à manger, bien entendu ; on jouait aux cartes,
avec des jeux de madame Drouart. La dépense marchait bon train
: le 19 janvier 1686, M. de la Bouillonnière se trouvait, de
part les comptes de l'hôtesse, débiteur de près de 900 liv.
Les échevins trouvèrent la somme un peu forte, et, pour s'en
éclaircir, appelèrent Bourgongne et Chanlay qui ne nièrent pas.
M. de Morangis réclama, réprimanda, déclara les mémoires exécutoires
pour 800 liv. seulement, et régla la dépense à quarante sols
par jour pour chacun des deux mangeurs. Le provost pesta, jurant
d'y renoncer plutôt que de laisser un sou vaillant à l'Huguenot,
et il implora de ses chefs la permission d'aller vivre aux dépens
d'un autre. Requête aussi juste et aussi concluante ne pouvait
être rejetée ; un certain Villers remplaça Bougongne à l'auberge
de l'Aigle d'or.
Depuis
cette époque, les choses forcément se radoucissent. Chanlay
n'a plus de compagnons de table et se contente d'un maigre ordinaire
; aussi, le 13 janvier, un dimanche, il en est réduit, le pauvre
homme, à : 1 demion de vin, 6 s. - Pain, 1 s. - 1 Poulet, 10
s. - 1 Fagot, 5 s.
Nous
aimons à croire qu'il n'alla pas jusqu'à manger ce dernier article,
bien qu'il y ait fagots et fagots. A peine s'il se permet dorénavant,
une ou deux fois, pour vingt-quatre sols, la gélinotte et les
rognons.
Au
printemps, un ordre de la cour rappela le régiment, et, le
5 avril, les deux officiers quittèrent Caen, laissant à l'Aigle
d'or un compte total de 1108 livres.
On
avait résolu de faire un exemple de M. de la Bouillonnière «qui,
comme gendre du sieur Du Bosc, ministre, estoit regardé (considéré)
de tous ceux de la mesme religion». Un impôt de quelques milliers
de livres eût été peu de chose pour lui : «Son opiniastreté
lui attira à sa campagne une garnison de cavallerie qui consomma
ce qu'il y avoit». Qu'ajouterions-nous à cette phrase d'un rapport
de l'intendant de justice ?
Le
quart-d'heure de Rabelais sonna aussi pour Messieurs les échevins.
Catherine Drouart se présenta un jour à eux, ses billets de
logement à la main ; on la renvoya à l'administration de la
Régie des biens des fugitifs ; mais, le 10 février 1688, rien
n'était encore soldé, puisqu'à cette date elle adressait au
ministre, M. de Chateauneuf, la lettre suivante :
«MONSEIGNEUR,
»Permettés
moy de vous dire qu'il y a trois ans que les eschevins de cette
ville envoyèrent deux officiers du régiment du roy loger chez
M. de la Bouillonnière de la R.P.R., lequel à 4 à 5,000 livres
de rentes, et qui à l'instant passa dans les pays étrangers.
Sur quoy, Monseigneur, lesdits eschevins m'envoyèrent lesdits
officiers qui demeurèrent chez moy pendant le quartier d'hiver
et dépensèrent la somme de 1110 l. De laquelle somme je n'ai
peu estre paiée par le commissaire régisseur des biens des fugitifs,
quoique j'aye présenté ma requeste plusieurs fois à cet effet
à M. de Gourgues, à présent nostre intendant, qui m'a fait espérer
depuis deux ans de vous escrire ; cependant, Monseigneur, je
suis une pauvre femme tenante hotellerie audit Caen, réduite
faute de ce payement à l'indigence, si je ne suis promptement
secourue par vos ordres,
»Monseigneur,
»Vostre
très-humble et très-obéissante servante,
»La
veuve DE BONNET,
»
Hostesse de l'Aigle d'or».
Cette
supplique resta sans réponse, et, le 4 mars, Mme Drouart écrivait
au même : «.....Néantmoins, Monseigneur, quoique le commissaire
ait beaucoup d'argent de ce revenu, je n'en peux avoir de raisons,
je vous prie d'y faire apporter ordre, vous m'obligerez à prier
Dieu pour vostre prospérité et santé». Paroles qui sentaient
leur auberge d'une lieue et, toutefois, bien placées.
L'ordre
de vendre les meubles de M. de la Bouillonnière arriva bientôt
après de Paris ; mais la malheureuse hôtesse dut encore essuyer
bien des tribulations avant de se voir payée. Nous avons pensé
qu'elle le fut, en voyant que la lettre suivante passa au conseil
et qu'elle porte cette mention : «Ce payement viendra». Cependant
il ne faudrait pas jurer qu'il soit venu : ce qu'il y a de plus
clair, c'est que le bien de M. de la Bouillonnière s'en était
allé.
«Monsieur,
l'hostesse de l'Aigle d'or, de cette ville, au sujet
de laquelle j'ay eu l'honneur de vous envoyer un mémoire des
sommes qui luy sont deües, et qu'elle a avancé pour le logement
du sieur de la Bouillonnière, sorti hors le royaume, ma présenté
une requeste avec les exécuttoires qu'elle a obtenu pour son
payement. Je mets le tout sous cette enveloppe, et auray l'honneur
de vous dire qu'il est de la dernière justice de faire rembourser
cette femme de sa despence, qu'elle n'a fait que par les ordres
de feu M. de Morangis, suivant les billets de logement des eschevins
de cette ville. Vous aurés la bonté, s'il vous plaist, de m'envoyer
les ordres necessaires pour la rembourser ; je suis, avec respect,
»Monsieur,
»Vostre très-humble et très-obéissant serviteur,
»DE GOURGUES.»
A
Caen, ce 22 avril 1688.
Le
minime revenu que produisirent les propriétés dévastées de
Néel, fut employé à acheter la conversion de son fils : «Anne
Carne, mère dudit sieur de la Bouillonnière, âgée de quatre-vingts
ans et plus, est restée dans le royaume avec un petit-fils
qui peut estre agé de trois ans et demi, que l'on fait élever
avec un soin particulier par la dame supérieure des Nouvelles-Catholiques
de cette ville. Leurs pensions sont payées en conséquence
des ordres de Monsieur l'intendant».
Ici
les documents nous manquent.
Ceux
dont nous nous sommes servis consistent en quelques feuilles
dont les gloutonneries de nos missionnaires bottés font à
peu près tous les frais.
Vaines
ont été nos recherches pour obtenir d'autres détails. Nous
ignorons si l'exilé put revoir une dernière fois sa mère mourante,
et si les larmes de son enfant touchèrent les persécuteurs.
Nous
donnons sous cette rubrique des extraits des Mémoires
qui avaient été envoyés, ainsi qu'on l'a vu, par M. de Gourgues.
Nous
n'en finirions pas, si nous voulions publier, comme nous y
avions d'abord pensé, le texte complet des reliefs d'ortolans
dont se régalèrent fort honnêtement nos deux dragons,
entre le 19 novembre 1685 et le 5 avril suivant. Mais le lecteur
apprendra que le premier tiers de cette carte à payer modèle
n'occupe pas moins de douze rôles, c'est-à-dire vingt-quatre
pages in-fol°, et il conviendra avec nous que nous avons un
meilleur emploi à faire de notre papier. Contentons nous donc
d'écrémer ce plantureux document.
PREMIÈREMENT
:
Du
vendredi 17e novembre 1685.
A
disner : Une quarte de vin, 12 s. - En pain, 5 s. -Deux
solles, 1 liv. 10 s. - Une amelette d'oeufs, 12 s. - Des poires
et du sucre, 10 s. - Deux fagots, 10 s.
A
souper : Cinq demions de vin, 1 liv. 10 s. - Un tiers
de sidre, 1 s. 8 d. - En pain, 5. s. - Trois barbues, 1 liv.
10 s. - Une douzaine d'oeufs au sucre, 15 s. - Une sallade,
5 s. - Des poires et du sucre, 10 s. - Trois fagots et deux
busches, 1 liv. 3 s. - Une assiette de cerises confites, 10
s. .
A
desjeuner : Un pot de vin, 1 liv. 4 s. - En pain, 2 s. -
Des huistres, 6 s. - Un fagot, 5 s.
A
disner : Deux pots de vin, 2 liv. 8 s. - Un demion de
cidre, 1 s. 3 d. - En pain, 3 s. - Un brochet, 1 liv. 5 s.
- Trois solles, 1 liv. 15 s. - Une amelette d'oeufs, 10 s.
- Des noix, des poires et du sucre, 12 s.
A
souper : Trois pots de vin , 3 liv. 12 s. - En pain, 6 s.
-Trois solles, 1 liv. 15 s. - Une amelette d'oeufs, 10 s. -
Une sallade de champignons , 10 s. - Douze noix confites, 12
s. - Une assiette de poires de coin, 10 s. - Des poires et du
sucre, 10 s. - Dix-huit biscuits et macarons, 18 s. - Quatre
fagots et deux busches, 1 liv. 8 s.
A
disner : Deux fagots, 10 s. - Trois quartes de vin, 1 liv.
16 s. - En pain, 4 s. - Une soupe de boeuf et de mouton, 1 liv.
10 s. - Une poullarde, 1 liv. 5 s. - Des cerises confites, 10
s. - Des poires et du sucre, 10 s. - Une busche, 4 s.
A
souper : Quatre pots de vin, 4 liv. 16 s. - En pain, 8
s. - Trois gélinottes, 5 liv. 15 s. - Un lapin et un canard,
1 liv. 15 s. - Deux douzaines d'allouettes, 1 liv. 5 s. -
Deux sallades de champignons et de cellery, 15 s. - Douze
biscuits et macarons, 12 s. - Douze noix confittes, 12 s.
- Une assiette de cerises et une de coin, 1 liv. - Une assiette
de compottes de pommes, 15 s. - Deux fagots et une busche,
14 s.
A
desjeuner : Un pot de vin, 1 liv. 4 s. - En pain, 4 s. -
Des huistres, 12 s. - Deux fagots, 10 s.
A
disner : Cinq quartes de vin, 3 liv. - En pain, 8 s. -
Une soupe et un chapon, 1 liv. 10 s. - Du boeuf et du mouton,
1 liv. 5 s. - Une gelinotte et une douzaine d'allouettes,
2 liv. - Une fricassée de poullets, 1 liv. 5 s. - Une sallade
de champignons, 10 s. - Douze noix confittes, 12 s. - Deux
douzaines de biscuits et macarons, 1 liv. 4 s. - Une assiette
de poires et de sucre, 10 s. - Deux fagots et une busche,
14 s. - Un jeu de cartes, 5 s.
A
souper : Trois pots de vin, 3 liv. 12 s. - En pain, 8 s.
- Deux poullardes et un lapin, 3 liv. 5 s. - Une douzaine d'Allouettes,
15 s. - Trois grosses beccasses, 3 liv. - Deux sallades de champignons
et une de chicorée, 15 s. - Une tourte de viganne, 1 liv. 10
s. - Douze biscuits et macarons, 12 s. - Douze noix confittes,
12 s. - Une assiette de poires et du sucre, 10 s. - Deux fagots
et deux busches, 18 s. - Deux jeux de cartes, 10 s.
A
disner : Deux pots de vin, 2 liv. 8 s. - En pain, 8 s. -
Une soupe de boeuf et de mouton, 1 liv. 10 s. - Une poullarde,
un canard et une douzaine d'allouettes, 3 liv. - Douze biscuits,
12 s. - Des cerises et du vergus, 1 liv. - Douze noix confittes,
12 s. - Des poires et une assiette de sucre, 10 s. - Deux fagots
et deux busches, 18 s.
A
souper : Trois pots de vin, 3 liv. 12 s. - En pain, 7 s.
- Une poullarde et trois perdrix, 5 liv. - Une douzaine d'allouettes
et trois plouviers, 2 liv. 10 s. - Une sallade, 5 s. - Une tourte,
1 liv. 10 s. - Douze biscuits, 12 s. - Une assiette de poires
et du sucre, 1 liv. - Deux assiettes de cerises et de verjus,
15 s. - Trois fagots, 15 s. - Deux jeux de cartes, 10 s.
A
desjeuner : Un pot de vin, 1 liv. 4 s. - En pain, 3 s. -
Pour des huistres, 18 s. - Un fagot et une busche, 9 s.
A
disner : Trois pots de vin, 3 liv. 12 s. - En pain, 8
s. - Une soupe et un canard, 1 liv. 5 s. - Du boeuf et du
mouton, 1 liv. - Deux poullardes, 2 liv. 10 s. - Une douzaine
d'allouettes, 15 s. - Quatre saucisses, 12 s. - Une sallade
de champignons, 10 s. - Un fagot et une busche, 9 s. - Des
cerises et du verjus, 1 l. - Des poires et du sucre, 10 s.
A
souper : Trois pots de vin, 3 liv. 12 s. - En pain, 8 s.
- Une poullarde, un lapin et un canard, 3 liv. - Deux perdrix,
2 liv. 12 s. - Deux sallades de champignons, 15 s. - Des cerises
et du verjus, 1 liv. - Douze biscuits, 12 s. - Douze noix confittes,
12 s. - Des poires et une assiette de sucre, 10 s. - Deux fagots
et deux busches, 18 s.
A
disner : Deux pots de vin, 2 liv. 8 s. - En pain, 6 s. -
Une soupe de boeuf et de mouton, 1 liv. 10 s. - Une poullarde
et une douzaine d'allouettes, 2 liv. - Une sallade de champignons,
10 s. - Des cerises et du verjus, 1 liv. - Des poires et du
sucre, 10 s. - Des marons, 4 s. - Deux fagots 10 s.
A
souper : Deux pots de vin, 2 liv. 8 s. - En pain, 6 s.
- Quatre merlans, 2 liv. 10 s. - Une amelette d'oeufs, 12
s. - Une sallade, 6 s. - Deux solles, 1 liv. 10 s. - Deux
fagots, 10 s. - Des marons, 4 s. - Des poires et du sucre,
10 s. - Une assiette de sucre, 5 s.
A
disner : Deux pots de vin, 2 liv. 8 S. - En pain, 6 s. -
Des huistres, 12 s. - Un fagot et une busche, 9 s. - Deux solles
et deux merlans, 2 liv. 5 s. - Une amelette d'oeufs, 12 s. -
Des cerises et du verjus, 1 liv. Douze noix confittes, 12 s.
- Des poires et du sucre, 10 s.
A
souper : Deux pots de vin, 2 liv. 8 s. - En pain, 6 s.
- Quatre merlans, 2 liv. 10 s. - Une amelette d'oeufs, 12
s. - Une sallade, 6 s. - Deux solles, 1 liv. 10 s. - Deux
fagots, 10 s. - Des marons, 4 s. - Des poires et du sucre,
10 s. - Une assiette de sucre, 5 s.
Du
samedi 25e.
A
desjeuner : Un fagot, 5 s. - Des huistres, 12 s. - Un
pot de vin, 1 liv. 4 s.
A
disner : Une soupe de lait, 12 s. - Trois quartes de vin,
1 liv. 16 s. - En pain, 6 s. - Deux solles, 1 liv. 5 s. -
Un plat d'oeufs à la tripe, 12 s. - Deux fagots, 10 s. - Une
amelette d'oeufs, 12 s. - Une sallade de champignons, 10 s.
- Des poires, sucre, fromage et des noix, 16 s.
A
souper : Deux pots de vin, 2 liv. 8 s. - En pain, 5 s.
- Deux merlans, 1 liv. - Un plat d'oeufs au lait, 15 s. -
Un plat d'oeuf à la tripe, 12 s. - Une sallade de cellery
et de chicorée, 12 s. - Douze noix confittes, 12 s. - Des
cerises et du verjus, 1 liv. - Des poires, des marons et du
sucre, 14 s. - Deux fagots et une busche, 14 s.
Depuis
ce jour, les repas se suivent, et, à quelques exceptions près,
se ressemblent. Le brave Chanlay se permet-il un extra, c'est
tantôt (souper du 6 décembre), une épaule de mouton, une poitrine
de veau, deux poulets rôtis, trois poulets en fricassée, six
cailles, six bécassines, six pigeons, douze alouettes, etc.,
etc., et tantôt (dîner du 7 décembre), deux bouteilles de vin
d'Espagne, etc. On ne peut songer sans peine à ce qu'il
dut souffrir plus tard de la sobriété qui lui fut imposée. A
l'exemple du 13 janvier, donné dans le précédent article, ajoutons
ceux-ci :
Mercredi,
2 janvier 1686.
A
disner : Une quarte de sidre, 2 s. 6 d. - En pain, 1 s.
- Une saucisse, 3 s. - Un fagot, 5 s. - Total, 11 s. 6 d. Le
moindre plat coûtait jadis autant.
A
disner : Une quarte de sidre, 2 s. 6 d. - En pain, 1 s.
- Un merlan, 5 s. - Un fagot, 5 s. - Total, 13 s. 6 d.
En
vérité, Mars et Carême pouvaient venir : il était impossible
qu'ils aggravassent une position déjà si mortifiante ! Un
merlan et une saucisse, le pain et la quarte de cidre (pour
ne point parler des fagots qui figurent obstinément), comment
dîner à moins ? Quelle plus grande frugalité, quelle abstinence
imaginer ? Carême vint, en effet, et il ne put que modifier
la nature de la portion congrue : la saucisse fut remplacée
par un second merlan. Le métier n'était plus tenable, et l'ordre
de rappel du 5 avril dut être reçu avec une intime allégresse.
plus
grandes peines, encore sont-ils petits, et d'un goût fade :
les seuls passables arrivent de Paris et se vendent assez cher.
[4°
de couv.]
En
vente à Paris
A LA LIBRAIRIE POULET-MALASSIS ET DE BROISE
4, rue de Buci.
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LE
COMTE GASTON DE RAOUSSET-BOULBON, sa Vie et ses Aventures, d'après
ses Papiers et sa Correspondance, par H. de La Madelène
2 fr.
NOTICE SUR JEAN DE SCHELANDRE, poète Verdunois (1585-1636),
par Charles Asselineau, deuxième édition, suivie
de Poésies réimprimées pour la première
fois d'après l'édition unique de 1608, in-8. -
Tiré à 150 exemplaires numérotés
sur papier vélin ancien se sur papier vergé.
3 fr. 50 c.
HISTOIRE DU SONNET, pour servir à l'Histoire de la Poésie
française, par Charles Asselineau, deuxième édition.
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et sur papier vélin ancien. 3 fr.
ODES FUNAMBULESQUES (par Th. de Banville), avec une gravure
à l'eau-forte de Bracquemond, d'après un dessin
de Ch. Voillemot, fleurons et initiales imprimées en
rouge ; in-8. 5 fr.
Quelques exemp. ont été tirés sur papier
vergé et sur papier vélin ancien, au prix de
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paraître en Mars 1857
LES
OUBLIÉ ET LES DÉDAIGNÉS, figures littéraires
de la fin du dix-huitième siècle, par Ch. Monselet
; 2 vol. in-12 sur papier collé d'Angoulème.
5 fr.
SOPHIE ARNOULD, d'après sa Correspondance et ses Mémoires
inédits, par Edmond et Jules de Goncourt ; 1 vol. in-12
sur papier d'Angoulème collé.
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LES FLEURS DU MAL, poésies par Ch. Baudelaire ; in-12
sur papier d'Angoulème collé.
2 fr. 50 c.
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