| |

Sommaire littérature
Edward
LEAR
COMMENT
ON FAIT LES TARTELETTES GOSKEUSES
Prenez
un cochon de trois ou quatre ans, liez-le à un pieupar
les pattes de derrière. Placez à sa portée
5 livres de cassis, 3 livres de sucre, 2 petits pois, 18 chataîgnes
rôties, 1 bougie, et 6 bottes de navets; s'il les mange,
fournissez-lui-en d'autres, sans arrêt.
procurez vous ensuite de la crème, quelques tranches
de fromage de Cheshire, quatre mains de papier ministre, et
un paquet d'épingles noires. Du tout faites une pâte
et mettez la à sécher sur un carré de drap
beige imperméable.
Quand la pâte est absolument séche, mais pas auparavant,
commencez à battre violemment le cochon, avec le manche
d'un énorme balai. S'il hurle, battez le outre.
Surveillez la pâte et battez le cochon alternativement
pendant plusieurs jours, et assurez vous qu'à a fin de
cette période le tout commence bien à se transformer
en tartelettes goskeuses .
Si la chose ne s'est pas encore produite en cet instant, c'est
qu'elle ne se produira jamais. Dans ce cas, on peut relâcher
le cochon, et l'opération tout entière peut être
considérée comme close.
FROIDS
SONT LES CRABES
Froids
sont les crabes qui rampent sur les hauts.
Plus froids sont les concombresqui piussent dans le val,
et bien plus froides encore les côtelettes de bronze
Qui couronnent l'ennui des pilules philosophiques !
Car lorsque le nectar, de sa pellicule tardive!
Emplit les amples bols, des démons et des hommes,
Lors on voit se tapir la faible musaraigne.
La poule ménagère, le porc épic armé.
Il demeure pourtant beaucoup: tisser un accent solennel,
Qui tristement s'attarde et se dissipe,
Chaque jour s'éloignant avec le jour qui part.
La gamme d'un poids vert sur la plaine au lointain,
Quand les mornes rusés rassemblent leur congrès
...
Telle, telle est la vie...
Petit
bestiaire
(extraits)
Le
Canard Colomphieux, qui attrappait des Grenouilles mouchetées
pour son dîner, avec une Cuiller Roncible
La
Langouste Leste et Lettrée , qui raccomodait ses propres
vêtements avec un fil et des Aiguilles
LES
NOUVEAUX VETEMENTS
Un
vieillard ingénieux et natif du Népal
Avait créé un vêtement original.
Et lorsqu'il l'eût achevé, bien cousu,
Ouvrit la porte, et sortit dans la rue.
Comme
chapeau, il portait un morceau de pain
bis
Que sur le coin de l'oeil il s'était mis.
En peau de souris était faite sa chemise,
Qui irradiait une chaleur exquise.
Ses bas, ses pantalons étaient en peau de lapin
Et ses souliers en peau de je sais trop rien.
En côtelettes de porc son gilet,
ses caleçons,
Et en crottes de chocolat tous ses
boutons.
Sa veste en crêpes de confiture,
En biscuits fins son étroite
ceinture.
Il portait là-dessus, pour couronner le tout,
Un vert manteau en feuilles de chou.
Il
entendit bientôt un sourd piétinement,
Et toutes sortes de besticules, d'oiselingues et de garnements,
De bestioles, d'oiselards et de galopins
Surgirent de toutes les rues et de tous les chemins.
Deux vaches et demie broutèrent son manteau.
Trois gorilles saisirent sa ceinture sans dire un mot.
Trois agneaux entamèrent sa veste
en pâtisserie
Dont les basques furent dévorées par un bouc en
furie.
Une meute de chien lui rafla son gilet
Puis ses fiers caleçons en faux-filet
Et pendant qu'ils se disputaient cette viande là,
Les gamins engloutirent les crottes de chocolat
C'est en vain qu'il tenta de rallier sa maison
En endiguant un vrai flot de cochons:
L'ennemi surgissait des granges, des étables,
Pour arracher ses bas inimitables
Des
chats mouchetés, rayés ou à carreaux
S'acharnérent sur son chapeau.
Des corbeaux , des canards s'en prirent à ses manches,
Dont ils se taillérent de belles tranches.
Et lorsque enfin s'apaisa ce tollé
Il se retrouvera tout nu sur le pavé.
Alors rentrant chez lui, il se barricada
Et dit:"je en porterai plus,
Mais alors plus jamais ce costume là !
|
|
|
|
|