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Et si on rentrait dîner à la maison ?

Assiette de cuisine moléculaire
Bon appétit ! Photo par Framestock

Il fut un temps où aller au restaurant, c’était s’asseoir et manger bon. Simplement. Aujourd’hui, c’est un parcours initiatique : on expérimente, on déguste, on vit un voyage sensoriel. Comprendre : on s’ennuie en silence, en mâchant une demi-feuille de capucine posée sur une réduction de betterave fumée au foin. Le chef ne cuisine plus, il conceptualise. Il ne nourrit plus, il interprète le vivant. Chaque assiette est une allégorie : celle du client qui paye pour ne pas manger !

En 2025, il faut que ça mousse, que ça brille, que ça croustille sous le couvercle d’un cloche de verre. Et surtout, que ça parle — de la planète, du circuit court, de l’introspection et de l’univers du cuisinier en recherche de développement personnel.

Dans les cuisines, on se bat moins avec les casseroles qu’avec les stories Instagram. L’important n’est plus ce qu’on sert, mais comment on le photographie. Le goût ? Secondaire ! Le client a réservé trois mois à l’avance pour manger une raviole unique au céleri brûlé, et on le fustige s’il ose demander du sel.

Et pendant ce temps, les chefs se ruinent en cahiers de tendances : cette année, on cuisine les lichens, les coquillages lactofermentés, et le gras végétal compressé à l’azote. L’an prochain, qui sait ? Peut-être une glace à la levure de bière, ou un bouillon de peaux d’aubergine grillées au marc de café.

Soyons honnêtes. Mieux vaut rentrer chez soi, ouvrir son frigo, et préparer une blanquette ou une belle omelette aux herbes tranquille. Un plat qui rassasie ou qui régale sans qu’on ait besoin de dictionnaire. À quoi bon se faire servir par des chefs bodybuildés à l’égo qui transpirent le storytelling et la haute prétention ? Un peu de beurre, quelques légumes, une cocotte : voilà une expérience bien plus vraie que tous les condiments d’algues en gelée de topinambour et autres émulsions de carotte blanche étuvée dans du kombucha.

Après tout, rater une béarnaise chez soi mais être capable de la rattraper c’est encore plus noble que réussir une mousse de rutabaga dans un gastro prétentieux !

Publié le 18 mai 2025 à 07h46, par Chef Simon

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