Ottolenghi a ce talent rare de rendre ses recettes immédiatement indispensables, et celle-ci ne fait pas exception. Toutes ses créations testées jusqu'ici ont été des coups de cœur sans exception : une cuisine méditerranéenne généreuse, gorgée de parfums et de couleurs, qui régale autant les yeux que les papilles.
Mais avant de se lancer, il a fallu résoudre une petite énigme : mettre la main sur le sumac. Cette épice rouge pourpre, obtenue à partir des baies séchées et moulues d'un arbuste originaire du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient, mérite qu'on s'y attarde. Utilisée depuis l'Antiquité dans les cuisines grecque, romaine et arabe, elle jouait avant l'arrivée du citron en Europe le rôle d'agent acidifiant naturel, une fonction qu'elle remplit toujours avec beaucoup de caractère. Son goût acidulé et fruité en fait une alternative élégante au citron ou au vinaigre, aussi à l'aise saupoudré sur une salade orientale que mélangé à du yaourt, posé en finition sur une viande grillée ou glissé dans un plat chaud. Un ingrédient phare des cuisines du Moyen-Orient et du pourtour méditerranéen, discret dans les épiceries ordinaires mais absolument irremplaçable une fois découvert.