Au Sénégal, tout le monde connaît le mafé. Presque personne, hors du pays, ne connaît son cousin : le thiéré bassé.
Les deux partent de la même pâte d'arachide, le tigadégué. Mais là où le mafé se sert sur du riz et reçoit le netetou et le yeet, celui-ci se sert sur du thiéré — le couscous de mil roulé à la main, cuit à la vapeur en plusieurs passages — et se passe de ces deux condiments.
Son secret n'est pas l'arachide : c'est le kéthiakh. De la sardinelle — le yaboye — salée, fumée au four artisanal, puis séchée à l'ombre. Émiettée dans la sauce, elle parfume tout le plat d'un fumé marin que rien ne remplace.
On le sert en dôme, dans un grand plat commun, et on mange autour. C'est un plat de tablée, pas d'assiette.