Le baghrir, c'est l'une de ces recettes qui tiennent autant de la magie que de la cuisine. Ces crêpes à la semoule, emblématiques du Maroc et de l'Algérie, doivent leur nom à leur surface alvéolée si reconnaissable, couverte de minuscules trous qui apparaissent à la cuisson comme par enchantement. Moelleuses, légèrement spongieuses et d'une délicatesse incomparable, elles sont le symbole des petits-déjeuners familiaux généreux, du mois de Ramadan et des matinées qui sentent bon le miel chaud et le beurre fondu.
C'est justement ce duo beurre-miel, nappé généreusement sur chaque crêpe encore tiède, qui constitue l'accompagnement traditionnel par excellence, mais rien ne vous empêche de les servir avec de la confiture d'abricots, de la crème de noisettes ou même un filet de sirop d'érable. Le secret d'un baghrir réussi réside dans le mixage prolongé de la pâte et dans une pâte suffisamment fluide pour que les bulles se forment naturellement à la surface sans qu'on retourne la crêpe. Mieux vaut les déguster au fur et à mesure, bien que les restes se réchauffent très bien à la poêle ou quelques secondes au micro-ondes.
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Les maqrouts tunisiens font partie de ces gâteaux qui racontent une histoire à chaque dégustation — celle des grandes tablées du Ramadan, des matinées de l'Aïd et des cuisines parfumées à la fleur d'oranger. Faits de semoule travaillée avec soin et garnis d'une généreuse pâte de dattes épicée à la cannelle et au girofle, ces petits gâteaux frits puis trempés dans le miel appartiennent à ce patrimoine sucré du Maghreb que l'on se transmet de mère en fille avec fierté. Leur texture à la fois sablée et fondante, leur cœur dense et aromatique, leur brillant doré sous le miel — tout en eux invite à la gourmandise.
La version roulée, typiquement tunisienne, se distingue par sa forme cylindrique obtenue en enroulant la pâte autour de la farce, ce qui lui donne un rendu élégant et généreux. Pour parfumer encore davantage la farce, on peut ajouter quelques zestes d'orange confits finement hachés ou une pointe de noix de muscade. Une fois frits et encore chauds, un passage dans un miel légèrement tiédi avec quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger les rend irrésistibles. Ils se conservent très bien plusieurs jours dans une boîte hermétique, et leur saveur gagne même à reposer — le miel s'imprègne et les épices se révèlent davantage le lendemain.
Le baghrir, c'est la crêpe des mille et un trous, celle qui fait la fierté des tables maghrébines au petit-déjeuner comme au goûter. Originaire d'Algérie et du Maroc, cette merveille de légèreté doit sa texture si particulière à la semoule de blé dur fine et au mariage des deux levures, qui font foisonner la pâte et créent à la surface une dentelle de petits cratères irrésistibles. Elle se cuit d'un seul côté, jamais retournée, et c'est justement ce secret qui lui donne tout son charme.
Le rituel du baghrir se savoure chaud, trempé dans un mélange de miel liquide et de beurre fondu, mais rien ne vous empêche de l'accompagner de confiture de figues, de crème de noisettes ou même d'un filet de sirop d'érable pour une touche moins traditionnelle. Pour des crêpes encore plus aériennes, laissez reposer la pâte une vingtaine de minutes après mixage avant de verser la première louche. Si vous n'avez pas de levure fraîche sous la main, une levure sèche active fera parfaitement l'affaire à condition de la réhydrater dans un peu d'eau tiède avant de l'incorporer.
La tamina est l'une de ces douceurs ancestrales qui traversent les générations sans jamais perdre leur magie. Profondément ancrée dans la tradition algérienne, elle est préparée avec amour lors des grandes occasions — naissance, mariage, retour de pèlerinage — et sa simplicité apparente cache une richesse de saveurs à nulle autre pareille. La farine torréfiée à sec, le miel chaud et les noix concassées se fondent en une texture dense et fondante qui rappelle à chaque bouchée la générosité de la cuisine du Maghreb.
Ce qui rend la tamina si attachante, c'est aussi sa formidable faculté d'adaptation. On peut remplacer les noix par des amandes, des pistaches ou un mélange des deux pour varier les plaisirs, et parfumer la préparation d'une pointe de cannelle ou d'eau de fleur d'oranger pour lui apporter une note supplémentaire de raffinement. Elle se déguste tiède ou à température ambiante, découpée en petits carrés ou présentée dans de jolies coupelles, idéalement accompagnée d'un thé à la menthe bien sucré. Conservée dans une boîte hermétique, elle reste délicieuse plusieurs jours et gagne même en onctuosité avec le temps.
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