« Un art de laisser exhaler sucs et fumets, et confire pendant des heures viandes ou poissons dans de vieux pots. Le mot berbère « tajine », dérivé, comme le « tian » provençal, du grec « têganon » qui signifie « plat en terre », renvoie autant à la recette marocaine qu’à l’ustensile de cuisson, une sorte d’assiette creuse en argile, surmontée d’un couvercle conique, qui n’est pas sans rappeler un chapeau de sorcière.
Or il y a quelque chose de magique dans la préparation, d’une simplicité merveilleuse. Il suffit de placer les ingrédients de son choix dans cet étrange faitout, de poser celui-ci directement sur la braise ou sur un « kanoun » (brasero typique), et enfin de s’armer de patience. Le charme va opérer. Lentement. Pas besoin d’eau, de matière grasse ou autre artifice : les vapeurs dégagées par la cuisson à feu doux montent le long du cône en terre cuite, puis retombent au fond du plat, humectant les aliments…
Et, abracadabra, les chairs deviennent fondantes, les saveurs gagnent en puissance et se marient avec grâce, les pruneaux ou les dattes avec l’agneau, les citrons ou les olives avec le poulet, les œufs ou les tomates avec les « kefta » (boulettes de bœuf). Sans oublier, bien sûr, ces épices orientales – safran, gingembre, poivre, coriandre, cannelle, cumin… – qui enchantent le tout. Certaines prêtresses de la gastronomie marocaine ajoutent même quelques larmes de miel.
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Dans la cuisine algérienne, chaque plat est un récit. Le tajine de poulet au citron confit en est un des plus emblématiques. Ce plat mijoté, cuit lentement dans un récipient en terre cuite, évoque l’héritage du Maghreb, entre savoir-faire et convivialité.
À base de poulet, de citron confit et d’olives vertes, ce tajine est un incontournable des repas familiaux. Le citron confit, conservé dans du sel, offre une touche acidulée et salée unique qui parfume la sauce et sublime la viande. Un plat chaleureux et profondément réconfortant.
Le poulet au vin jaune et aux morilles est l'un des fleurons de la cuisine franc-comtoise, un plat de fête qui sent bon les forêts humides du printemps et les caves voûtées du Jura. Le vin jaune, ce trésor d'Arbois élevé sous voile pendant six années, apporte une profondeur de saveur incomparable, entre noix, épices douces et oxydation maîtrisée, qui transforme une simple sauce crémée en quelque chose d'absolument unique. Réservez ce plat pour les grandes tablées, les dimanches qui méritent qu'on prenne son temps.
Les morilles fraîches sont idéales au printemps, mais des morilles séchées réhydratées dans de l'eau tiède feront très bien l'affaire le reste de l'année, avec même un parfum plus concentré et boisé. Si le vin jaune vous semble trop puissant ou trop précieux, un bon vin blanc du Jura comme un Savagnin ouillé peut s'y substituer sans trahir l'esprit du plat. Côté accompagnement, les tagliatelles fraîches ou les pommes de terre vapeur sont parfaits pour absorber généreusement cette sauce dorée et onctueuse. Un verre du même vin jaune servi à table boucle le cercle avec une élégance toute jurassienne.
Le poulet rôti, c'est l'un de ces plats qui traversent les générations sans jamais perdre leur magie. Celui-ci s'habille de thym et de romarin, deux herbes du sud qui lui confèrent un parfum généreux et ensoleillé, renforcé par le paprika qui colore la peau d'une belle teinte dorée et légèrement fumée. C'est le repas du dimanche par excellence, celui qui réunit tout le monde autour de la table dès que l'odeur commence à s'échapper du four.
Pour sublimer ce poulet, pensez à glisser quelques gousses d'ail non pelées sous la volaille en cours de cuisson, elles confiteront doucement et parfumeront le jus de manière incomparable. Côté accompagnements, des pommes de terre rôties dans la même plaque, des légumes de saison ou un simple gratin dauphinois feront merveille. Si vous souhaitez varier, remplacez le paprika par du cumin et ajoutez un filet de jus de citron pour une version plus orientale. Le lendemain, les restes froids effilochés se glissent à merveille dans un sandwich ou une salade composée.
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