Il y a dans cette assiette quelque chose de solaire et de généreux qui réconcilie deux traditions méditerranéennes le temps d'un déjeuner. Le figatellu, saucisson corse au foie de porc au caractère bien trempé, vient donner du relief à une omelette toute simple parfumée aux herbes de Provence, pendant que les salades Castelfranco et Trévisane — ces beautés italiennes aux notes légèrement amères et aux teintes pourpres — habillent le plat d'une élégance naturelle. C'est la cuisine du marché un jour de janvier, quand les étals sont encore bien fournis en beaux amers et que l'on a envie d'un repas complet sans prise de tête.
Pour tirer le meilleur du figatellu, pensez à le griller doucement à la poêle avant de l'émietter dans l'omelette, il développe alors des arômes fumés et épicés incomparables. La vinaigrette à l'huile d'olive et au vinaigre de vin vieux, relevée d'un trait de crème de balsamique et d'un zeste de citron, sera votre meilleur allié pour adoucir l'amertume des feuilles et lier tous ces caractères ensemble. Lonzo et coppa disposés en fines tranches autour de l'omelette rappellent la charcuterie insulaire et transforment cette assiette en un vrai plateau de fête improvisé, parfait pour un brunch hivernal entre amis.
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La canette rôtie aux clémentines corses, c'est l'alliance parfaite entre la générosité d'une belle volaille dorée et le parfum solaire des agrumes de l'île de Beauté. Dès que la saison des clémentines à feuilles pointe le bout de son nez sur les marchés, ce plat s'impose naturellement pour les grandes tablées du dimanche ou les repas de fêtes qui sentent bon la cuisine maison. La canette, plus fine et plus délicate que le canard, se prête merveilleusement à cette rôtisserie parfumée au Noilly Prat, où les sucs caramélisés se marient à la sauce corsée de fond de volaille.
Les navets boule d'or, avec leur chair tendre et légèrement sucrée, et les carottes fanes apportent une touche rustique et colorée qui contraste joliment avec l'acidité des clémentines. Si vous ne trouvez pas de navets boule d'or, un navet long blanc fera très bien l'affaire, tout comme des panais pour une saveur plus douce encore. N'hésitez pas à récupérer généreusement les jus de cuisson pour napper la volaille régulièrement au four, c'est ce geste simple qui garantit une peau croustillante et une chair bien juteuse. Servie directement dans son plat avec un bon pain de campagne pour saucer, cette canette n'a besoin de rien de plus.
Ce carpaccio de légumes racines est une belle façon de réinventer des produits du quotidien en quelque chose de frais, de raffiné et d'inattendu. Le navet long, la carotte jaune et les radis, tranchés à la mandoline en fines lamelles translucides, se transforment sous nos yeux en une assiette toute en légèreté et en couleurs. La vinaigrette à l'huile d'olive, au vinaigre de Xérès, au soja et au gingembre frais apporte un souffle asiatique très séduisant qui réveille la douceur naturelle de ces légumes d'automne et d'hiver.
Pour aller encore plus loin dans les saveurs, n'hésitez pas à varier les légumes selon la saison : betterave chioggia, fenouil ou kohlrabi se prêtent parfaitement à ce type de préparation. Le passage des tranches dans l'eau très froide est une petite astuce précieuse que l'on retient pour la vie, tant elle préserve le croquant et la vivacité des couleurs. Les noisettes torréfiées apportent ce petit croustillant gourmand qui fait toute la différence en bouche, et l'on peut tout aussi bien les remplacer par des graines de sésame grillées ou quelques noix de cajou concassées. Servez ce carpaccio en entrée légère ou en accompagnement d'un poisson grillé, et laissez la vinaigrette reposer quelques minutes sur les légumes avant de dresser pour que les arômes se développent pleinement.
Le brocciu, fromage frais emblématique de l'île de Beauté, est l'âme de cette quiche généreuse qui sent bon la Corse et le début des beaux jours. Associé à la menthe fraîche, à la ciboulette et aux jeunes feuilles de blettes, il donne à l'appareil une onctuosité et une fraîcheur herbacée que la ricotta peut parfaitement reprendre si vous ne trouvez pas de brocciu sur le continent. C'est une recette idéale pour un déjeuner dominical en terrasse ou un pique-nique soigné, quand le marché regorge de verdure et que l'on a envie de mettre un peu de soleil méditerranéen dans son assiette.
La salade de fleurs comestibles qui accompagne cette quiche n'est pas qu'une coquetterie visuelle : la bourrache apporte une légère note iodée, les soucis une pointe d'amertume douce et les pensées une fraîcheur délicate qui tranche joliment avec la richesse de l'appareil. N'hésitez pas à varier les fleurs selon la saison et ce que vous trouvez chez votre herboriste ou au jardin, et à glisser quelques fraises des bois pour une touche sucrée-acidulée qui réveille l'ensemble. Côté pâte, la version feuilletée offrira plus de croustillant et de légèreté, tandis que la brisée apportera un côté plus rustique et fondant, parfaitement en accord avec l'esprit de cette recette du terroir insulaire.
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