La tielle est une spécialité emblématique de Sète, cette ville de pêcheurs accrochée entre mer et étang, où les senteurs d'olive, de safran et de tomate se mêlent à l'air marin. Sous sa belle croûte dorée à la pâte à pain se cache une garniture généreuse de poulpe mijoté, parfumée aux épices douces et au vin blanc. C'est une recette de terroir, née dans les familles de pêcheurs italiens qui s'installèrent à Sète au début du XXe siècle, et qui s'impose aujourd'hui comme l'un des trésors les plus savoureux de la cuisine méditerranéenne française. Parfaite pour un déjeuner estival ou un pique-nique au bord de l'eau, elle se déguste aussi bien chaude que tiède.
Le poulpe congelé n'est pas un compromis mais presque un avantage : la congélation attendrit naturellement les chairs et vous épargne un long travail de frappage. Côté accompagnement, une salade de roquette arrosée d'huile d'olive ou quelques olives marinées aux herbes suffisent à composer une assiette ensoleillée. Pour varier les plaisirs, certains ajoutent des calamars à la garniture, ou une pointe de piment fort pour relever l'ensemble. Le fumet de cuisson du poulpe, riche et parfumé, ne doit surtout pas être jeté : il peut servir de base à une sauce ou à un risotto de la mer absolument remarquable.
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La riste d'aubergine, c'est l'un de ces trésors discrets de la cuisine provençale que les grand-mères mijotaient sans recette écrite, au feeling et à l'odeur. Aubergines et tomates confondent leurs saveurs dans l'huile d'olive parfumée à l'ail, au thym et au romarin, jusqu'à former une compotée généreuse et profonde qui résume à elle seule tout l'esprit de la Méditerranée. C'est un plat de saison par excellence, à préparer en plein été quand les aubergines sont charnues et les tomates gorgées de soleil.
Servie tiède ou froide, la riste se glisse partout avec une belle aisance : en accompagnement d'un agneau grillé ou d'une volaille rôtie, tartinée généreusement sur des tranches de pain de campagne grillé pour un apéritif tout en couleur, ou encore mélangée à des pâtes pour un repas rapide et savoureux. On peut l'enrichir d'un trait de vinaigre balsamique en fin de cuisson pour relever légèrement l'ensemble, ou y ajouter des olives noires et quelques feuilles de basilic frais pour la version la plus ensoleillée qui soit. Elle se conserve très bien au réfrigérateur deux à trois jours, et gagne même en saveur le lendemain.
L'anchoïade camarguaise, c'est l'âme de la Méditerranée condensée dans un bol. Cette sauce généreuse, à base d'anchois fondants, d'ail et d'huile d'olive, incarne la cuisine provençale dans ce qu'elle a de plus franc et de plus ensoleillé. Elle se partage volontiers autour d'une grande table estivale, entourée de légumes frais et croquants qui invitent à picorer sans façon, comme une invitation à ralentir et à profiter.
Pour varier les plaisirs, n'hésitez pas à enrichir le plateau de crudités selon le marché du moment : fenouil émincé, poivrons, carottes fanes ou fleurs de courgette s'y glissent à merveille. Une pointe de vinaigre de xérès dans la sauce ou quelques herbes fraîches comme le thym citron peuvent apporter une touche personnelle sans trahir l'esprit du plat. Les œufs durs, trempés dans cette anchoïade corsée, sont un bonheur simple qu'on ne se lasse pas de redécouvrir.
La pissaladière, c'est l'âme de Nice posée sur une abaisse de pâte à pain dorée et croustillante. Cousine rustique de la pizza, elle tire son nom du pissala, cette purée intense de sardines et d'anchois qui lui donne tout son caractère marin. Généreuse et sincère, elle se déguste aussi bien en entrée qu'en apéritif, à l'ombre d'une terrasse ou au cœur d'un pique-nique estival, et elle a ce don rare de transporter immédiatement ses convives quelque part entre le port et le marché du Cours Saleya.
Si vous ne trouvez pas de pâte à pain chez votre boulanger, une pâte à pizza maison fera très bien l'affaire, légèrement plus fine pour un résultat plus croustillant. La longue compotée d'oignons est le secret d'une pissaladière réussie : prenez le temps de les fondre doucement dans l'huile d'olive jusqu'à ce qu'ils deviennent presque confits, translucides et sucrés. Les olives noires de Nice, fermes et peu grasses, sont idéales, mais des taggiasques apporteront une douceur tout aussi bienvenue. Servez tiède ou à température ambiante, avec un verre de rosé de Provence bien frais.
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