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Le mirin

Flacons de mirin japonais
Un vin de riz sucré, pilier discret de la cuisine japonaise. Photo par VGV

Le mirin, c'est quoi ?

Encore assez méconnu du grand public, le mirin est un vin de riz sucré, à la couleur dorée et à la consistance sirupeuse, utilisé comme condiment dans de nombreuses recettes emblématiques du Japon.

Moins alcoolisé et beaucoup plus sucré que le v, dont il reste proche, il s'est d'abord bu comme une boisson douce, appréciée à l'époque d'Edo (1603-1868). Il s'est ensuite imposé en cuisine, jusqu'à devenir un condiment à part entière.

Quels sont les différents types de mirin ?

Il existe trois grands types de mirin, qui se distinguent par leur fabrication, leur teneur en alcool et leur prix :

  • Hon-mirin (« vrai mirin ») : c'est le plus traditionnel, élaboré uniquement à partir de riz gluant, de kôji et de shōchū. Longuement affiné et riche en goût, c'est aussi le plus cher. Il contient environ 14 % d'alcool ;
  • Shio-mirin : un mirin additionné de sel (environ 1,5 %), ce qui le rend imbuvable. Il contient de l'alcool mais n'est donc pas taxé comme une boisson alcoolisée. Pensez à réduire le sel de la recette si vous l'utilisez ;
  • Aji-mirin ou shin-mirin : un assaisonnement industriel, souvent à base de sirop de glucose et d'arômes, avec peu ou pas d'alcool. Moins cher et moins authentique, c'est pourtant le plus courant en France : une bonne partie des flacons vendus en supermarché sous le nom de « mirin » en sont.

Comment est fabriqué le mirin ?

Le mirin est réalisé à base de [riz gluant] japonais, appelé mochi-gome, cuit à la vapeur. Celui-ci est mélangé à du kôji, un riz sur lequel on a cultivé un champignon microscopique dont les enzymes transforment l'amidon en sucres naturels, puis à du shōchū, une eau-de-vie japonaise. L'alcool du shōchū empêche les sucres de se transformer à leur tour en alcool : ils restent dans le mirin, d'où sa douceur.

Le mélange est ensuite laissé à maturer lentement pendant 40 à 60 jours, voire plus pour les mirins haut de gamme. C'est pendant cette étape qu'il développe sa couleur dorée, sa douceur et son goût umami.

Il est enfin pressé puis filtré avant la mise en bouteille.

Comment choisir et conserver le mirin ?

À l'achat, le plus simple est de lire la liste des ingrédients. Un hon-mirin ne contient que du riz gluant, du riz kôji et du shōchū (ou de l'alcool de riz), et porte souvent la mention 本みりん sur l'étiquette. Si vous voyez du sirop de glucose, des arômes ou des exhausteurs de goût, il s'agit d'un aji-mirin. On trouve les deux en épicerie asiatique, et plus rarement le hon-mirin au rayon produits du monde des supermarchés.

Après ouverture, le hon-mirin se conserve plusieurs mois à température ambiante, bien fermé, à l'abri de la lumière et de la chaleur. Évitez le réfrigérateur : ses sucres risquent d'y cristalliser. L'aji-mirin, qui contient peu ou pas d'alcool, se garde en revanche au frais après ouverture. Dans le doute, suivez l'indication de l'étiquette.

Par quoi remplacer le mirin ?

Si vous n'en avez pas dans vos placards et qu'aucune épicerie asiatique n'est à portée de main, plusieurs alternatives simples permettent d'obtenir un résultat proche :

  • Saké et sucre : la solution la plus fidèle, à raison de 3 doses de saké pour 1 dose de sucre ;
  • Xérès sec ou Vermouth blanc sec : à sucrer dans les mêmes proportions, si vous n'avez pas de saké ;
  • Vinaigre de riz et sucre, pour une version sans alcool : comptez 1 cuillère à soupe de vinaigre et ½ cuillère à café de sucre pour 1 cuillère à soupe de mirin. Plus acide, cette option convient bien aux marinades et aux sauces cuites comme le teriyaki, mais elle modifie davantage le goût d'un plat mijoté.

Comment utiliser le mirin en cuisine ?

C'est un ingrédient phare de nombreuses sauces japonaises comme la sauce teriyaki, parfaite pour mariner du [poulet] ou du saumon, ou encore la sauce yakitori, à base de sauce soja, sucre, mirin et saké, qui sert à laquer les brochettes de poulet grillées. En France, on la retrouve aussi sur les mini brochettes de boeuf des restaurants japonais.

Mon petit nimono

On l'utilise dans un donburi de bœuf, dans un nimono (légumes ou poisson mijotés dans un bouillon) ou dans le tamagoyaki, l'omelette roulée japonaise. Il entre aussi dans les sauces à base de dashi comme le tsuyu, servi avec les nouilles soba ou udon. Le mirin permet également de caraméliser et de laquer certains aliments, de les glacer et de les faire briller. Dans les plats mijotés, il aide viandes et poissons à garder leur tenue et atténue les odeurs fortes, notamment celle du poisson.

Son goût étant assez prononcé, on l'utilise avec parcimonie. Pour un usage à froid (vinaigrette, sauce d'accompagnement), faites-le bouillir quelques secondes pour évaporer l'alcool.

Quelles recettes réaliser avec du mirin ?

Sauce Yakitori traditionnelle
1
Boeuf teppanyaki
Sandwich japonais
Légumes d'étés marinés à la japonaise
Renkon caramelisé



Umami, sucré, légèrement alcoolisé : le mirin s'impose peu à peu dans les cuisines françaises, bien au-delà des seules recettes japonaises. Un flacon suffit à parfumer marinades, sauces et légumes sautés pendant des mois.

Publié le 14 avril 2025 à 12h10, Modifié le 30 septembre 2026 à 10h41, par L'Italie dans ma cuisine

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